Un proprio orléanais à la télé
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C’est avec surprise que j’ai découvert ce Mardi soir sur mon écran un orléanais heureux de son sort... Et c’est d’une méthode persuasive et parfois musclée pour évacuer les squatters dont semblait se vanter notre concitoyen Jacques Mayer dans le reportage de France2 (« Complément d’Enquête » du 02/02/2010 sur « les mal logés ») :
Extrait de "Complement d’Enquête" (France2)
envoyé par gazettedorleans. - L’actualité du moment en vidéo.
« On n’est pas là pour discuter vingt-cinq ans... »
« Ils ne respectent pas la loi, moi non plus ! C’est ça le respect des choses ! »
« Je ne suis pas responsable de la misère humaine... c’est le rôle de la société... ce n’est pas à l’exclusivité du bailleur de d’assumer la déchéance humaine... »
Il n’est pas contestable qu’il y a urgence en France à proposer un toit aux sans-abris, et que ça n’est certes pas aux propriétaires privés à assumer cette charge.
Sur le fond, donc, il n’a pas tort le milliardaire orléanais qui ne sait même plus compter le nombre de ses appartements.
(appartements... placards... taudis ?... On ne sait pas vraiment d’ailleurs !) :
Il est évidemment inacceptable de voir son bien utilisé et souvent abimé sans vergogne par des inconnus, sans contrepartie ni garantie. Et comme la voie judiciaire est en effet aussi lente qu’onéreuse, c’est-à-dire impossible à mettre en œuvre pour le petit propriétaire retraité qui a besoin de ses revenus locatifs pour vivre, les moyens personnels et persuasifs sont donc incontournables... On ne peut que le regretter.
Néanmoins, on peut s’interroger sur la légitimité de tels moyens lorsqu’ils sont employés par ce genre de « propriétaire professionnel » pour faire évacuer ses locaux... et surtout, bien plus important encore, sur la légitimité qu’a un multimillionnaire en Euros, propriétaire de plus de 300 appartements dans la ville, à émettre de telles opinions sur l’illégalité légitime...
Si plus personne ne respecte la loi au prétexte que les autres ne le font pas, où va-t-on ?...
J’avais déjà eu l’occasion il y a quelques années d’interpeller Jacques Mayer lors d’une Assemblée Générale du Conseil de Quartier, en la salle Eiffel, à propos du type de clientèle qu’il amène dans le quartier et de la gène que causent les dizaines de véhicules supplémentaires des célibataires qui occupent ses studios... Comment s’étonner qu’il ait des appartements squattés alors que la plupart d’entre eux sont des immeubles autrefois familiaux, découpés en placards par ses soins, et présentant un confort plus que spartiate qu’une famille normale avec enfants ne saurait accepter. Évidemment, quatre studios rapportent davantage qu’un quatre pièces familial ! Mais sur le plan de l’équilibre démographique du quartier, c’est loin d’être idéal.
Il répondra certainement, comme pour la misère du monde, que ce n’est pas aux propriétaires privés de se préoccuper de l’équilibre démographique urbain. Et il aura raison.
Mais alors... à qui en revient la charge ?...
C’est une question d’autant plus intrigante que ce monsieur semble disposer de passe-droits depuis des lustres face à l’obligation de fournir un parking et demi par cuisine créée dans des immeubles découpés, ou de payer une taxe à la ville.
Notre ami Mourad Guichard, à l’époque journaliste à La Rep et qui avait interviewé ce délicat monsieur, s’était entendu répondre que celui (moi) qui l’avait interpellé au CCQ n’était qu’un jaloux, et que de toutes façon il n’était pas aussi riche qu’on le disait... « deux ou trois appartements au nom de sa femme et autant à celui de son fils... », avait-il précisé à l’époque à Mourad qui lui avait fait observer qu’il payait tout de même l’ISF. (On peut retrouver l’article à la Rep)
Il s’avère aujourd’hui, de l’aveu même de Jacques Mayer devant les caméras de France2, qu’il ne sait même plus compter le nombre de ses appartements... (On parlait déjà de plusieurs centaines à l’époque, plus ou moins camouflés au travers de nombreuses SCI.)
Soit, il est riche, il l’avoue et même s’en vante, grand bien lui fasse !
Il en faut des riches, et je ne le jalouse sûrement pas pour ça. J’ai personnellement d’autres aspirations dans la vie que d’empiler les liasses.
Par contre, puisque désormais nous savons qu’il possède plus de 300 appartements dans Orléans même si lui-même ne sait plus les compter, je serais curieux de savoir où sont les 450 parkings qui devraient correspondre à ces appartements...
En effet, le Code d’Urbanisme(*) est parfaitement clair sur la question :
(*) ARTICLE 123-1-2 du Code d’Urbanisme :
« Lorsque le plan local d’urbanisme impose la réalisation d’aires de stationnement, celles-ci peuvent être réalisées sur le terrain d’assiette ou dans son environnement immédiat.
Lorsque le bénéficiaire du permis ou de la décision de non-opposition à une déclaration préalable ne peut pas satisfaire aux obligations résultant de l’alinéa précédent, il peut être tenu quitte de ces obligations en justifiant, pour les places qu’il ne peut réaliser lui-même, soit de l’obtention d’une concession à long terme dans un parc public de stationnement existant ou en cours de réalisation et situé à proximité de l’opération, soit de l’acquisition de places dans un parc privé de stationnement répondant aux mêmes conditions.
En l’absence d’un tel parc, le bénéficiaire du permis ou de la décision de non-opposition à une déclaration préalable peut être tenu de verser à la commune une participation en vue de la réalisation de parcs publics de stationnement dans les conditions définies par l’article L. 332-7-1.
Lorsqu’une aire de stationnement a été prise en compte dans le cadre d’une concession à long terme ou d’un parc privé de stationnement, au titre des obligations prévues aux premier et deuxième alinéas ci-dessus, elle ne peut plus être prise en compte, en tout ou en partie, à l’occasion d’une nouvelle autorisation. »
J’ajouterai que la taxe payable à la Ville, prévue par cet article en cas d’impossibilité de création de parking, était dans les années 80 de l’ordre de 80 000FF, elle serait aux dernières nouvelles de 15 407€uros, et que la Ville se substituant au lotisseur défaillant doit réaliser ces parkings de proximité dans un rayon de 300 mètres de l’habitat créé ou comportant création de cuisines supplémentaires (que ça soit dans un appartement ancien, ou dans une construction nouvelle, ou l’aménagement par changement de destination d’un nouvel appartement dans un grenier, une grange ou un garage ou une boutique transformée).
Que je sache, je n’ai point vu venir de parkings en nombre aussi important depuis trente ans dans le quartier. J’en ai vu disparaître au contraire une cinquantaine lorsque le collège Saint-Paul s’est agrandi. J’en ai vu disparaître lors de la requalification de certaines rues, lors de l’élargissement de trottoirs, etc. Et surtout lors de la transformation des quais de Loire.
Bien évidemment, il fallait requalifier ces rues, élargir ces trottoirs et débarrasser les quais. Le résultat est spectaculaire.
Mais les inconvénients pour les résidents sont tout aussi édifiants. Le quartier est de l’intra-mail est en manque cruel de places de stationnement depuis vingt ans, et on ne peut pas pousser les murs. Il faut donc creuser en sous-sol et profiter de tous les nouveaux programmes de transformations du quartier pour libérer la rue. Non pas en repoussant à l’extérieur les véhicules des résidents, mais en leur faisant « à proximité », comme le prévoit le Code d’Urbanisme, les places que des gens comme Jacques Mayer ne leur ont pas prévues.
Il est en effet tout aussi anormal que des véhicules privés squattent la chaussée 24h/24 comme des locataires indélicats de Jacques Mayer. Et il devrait y avoir avec chaque habitation nouvelle, neuve ou suite à un découpage depuis trente ans, 1,5 parking ou garage.
Je suggère donc que l’on fasse l’inventaire du nombre de ces appartements de centre-ville et de celui des parkings correspondants. Il y a nécessairement quelqu’un qui n’est pas dans les clous. Soit c’est la Ville, soit c’est ce délicat propriétaire, lequel se plaignait récemment des montants astronomiques qu’il allait devoir débourser du fait que la ville, précisément, lui imposait de restaurer les façades de ses immeubles.


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