Taxation des disques durs et des clés USB… de 9 € à 30 € !
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La Commission pour Copie Privée, dite Commission d’Albis va décider prochainement (le 12 Novembre prochain) la taxation des disques durs externes multimédias à grand capacité : De 9 euros jusqu’à 80 Go de stockage et jusqu’à 30 euros à partir de 400 Go et au-delà …
Si l’on pouvait comprendre et accepter, il y a dix ou vingt ans, que l’on taxa les cassettes et les magnétoscopes dans la mesure où il n’était pas possible de diffuser des œuvres autrement que sur des supports matériels compliqués à réaliser et à distribuer, il en va tout autrement aujourd’hui !... Avec l’essor du Numérique il est devenu très difficile de justifier de tels coûts.
D’autant qu’en pratique, avec les DRM, la Loi DADVSI interdit la copie ou la limite à une exception dont le nombre se réduit comme peau de chagrin... Alors, sur quelles bases légitimes peut-on encore espérer justifier le paiement d’une taxe sensée protéger le Droit d’Auteur mais qui ne protège en réalité que des intérêts industriels obsolètes ?...
Le Droit d’Auteur est la rémunération des « créateurs ». Il faut effectivement préserver ce Droit appartenant légitimement à tout un chacun qui crée une chose qui reste « son bébé ».
Mais on a trop tendance à confondre de droit légitime de l’Auteur avec les rentes industrielles et commerciales d’organisations professionnelles dont les créateurs, qui ne sont pas par nature des « gens d’affaires », dépendent trop souvent.
Le résultat est que, dans notre société consumériste, les vraies valeurs sont inversées : au plan économique la seule chose qui compte (et qui se compte) en termes de bilans et de fiscalité sont les flux matériels, et l’on accorde aujourd’hui davantage de valeur à l’industrie et au commerce qu’à la « création » elle-même.
Pourtant, sans créateurs, pas d’industrie et pas de commerce !
L’important, le PRIMORDIAL, c’est donc bien la CREATION elle-même.
Or, l’imagination d’un artiste ne peut pas se dupliquer.
On ne peut dupliquer (et par voie de conséquence commercialiser) que le PRODUIT de cette imagination ou de cette ingéniosité personnelle des créateurs…
Du temps où il était nécessaire d’avoir de grandes usines et des presses qui coûtaient des fortunes pour fixer sur un support transportable le produit de cet imaginaire personnel — que ce soit sur papier pour les livres ou sur cire, bande magnétique, et galette plastique pour la musique— la manipulation indispensable pour graver ou imprimer les œuvres était très coûteuse, et leur diffusion/distribution en magasins ne l’était pas moins. Il était donc parfaitement justifié que des intermédiaires, dont c’était le métier, soient rémunérés en conséquence.
Aujourd’hui, avec la facilité de reproduction liée aux Nouvelles Technologies du Numérique, tout un chacun peut graver ses propres compositions sans aucun besoin qu’une MAJOR s’interpose entre l’amont et l’aval, entre le « créateur » et le « consommateur » final.
Le réseau Internet permet une diffusion autrement plus efficace et à coût négligeable... Spécialement dans la musique en ligne, tous ces intermédiaires suceurs de talents n’ont donc plus aucune raison d’être rémunérés à la même hauteur qu’auparavant.
L’essentiel du prix payé en ligne devrait revenir aux Créateurs eux-mêmes et la proportion 90/10% en faveur des Industries du disque devrait s’inverser en 10/90% en faveur des auteurs et artistes participant à la création immatérielle.
Ainsi, le prix d’un disque de 15 titres vendu dans le commerce 20 € ou 25 € devrait logiquement chuter à 2 € ou 3 € dès lors qu’il serait téléchargé en ligne, sans que cela change quoi que ce soit en valeur absolue au montant de la rémunération des créateurs !
C’est simplement le service industriel qui n’a plus de raison d’être puisqu’il n’est plus aucun besoin de plastique, de presses, de camions, etc.
Je ne comprends d’ailleurs pas que le fameux Grenelle de l’Environnement ne se soit pas penché sur la question, car s’il est un domaine où l’on pourrait faire facilement l’économie de toute cette énergie polluante dépensée sans nécessité vitale, c’est bien celui de la Musique.
Je ne dis pas qu’on pourrait de passer de musique, ni de créateurs qu’il est parfaitement normal de rémunérer en fonction de l’intérêt que suscitent leurs œuvres… Je dis juste qu’on pourrait se passer de l’Industrie musicale et de la pollution qu’elle engendre, tant par la fabrication de ses galettes plastique que par leur transport.
Le Net résout toutes ces questions avec bien plus d’élégance et d’ergonomie, et à moindre coût, tant écologique qu’économique.
Par ailleurs, je trouve particulièrement injuste le fait de devoir payer une taxe pour compenser de soi-disant copies illicites dont je n’ai rien à foutre, tant elles ne sont souvent de la soupe, et que je ne fais pas !
C’est même insultant car ça revient à soupçonner tous les acheteurs de disques durs d’être des pirates en puissance.
Pire ! ÇA JUSTIFIE MÊME LE PIRATAGE, puisqu’on aura payé une taxe en amont pour le stockage de ces œuvres copiées !
Par contre, j’utilise des disques et des clés pour mon travail, pour la communication citoyenne de cette gazette, et ailleurs pour mes propres créations non musicales, et je ne vois aucune raison de payer pour cela quelque tribut que ce soit à une tribu de requins de la finance qui n’ont encore pas compris ou surtout pas voulu comprendre que les vieilles technologies sur lesquelles ils appuyaient leurs « droits voisins » étaient obsolètes, et que le temps est bien fini de ces Julots-casse-croûte de la Culture qui voient fondre peu à peu leur petit commerce !
Si on veut me forcer à payer en amont une taxe sur des disques que je n’utiliserai jamais à stocker des musiques, alors, je demanderai officiellement qu’on détaxe mon outil de travail exactement comme on détaxe le fuel pour les taxis ou les pêcheurs.
Et j’encourage les internautes à envisager le même genre de réclamation.
Si tout le monde fait cela, la perception de cette taxe deviendra tellement difficile à gérer qu’il vaudra mieux l’annuler et lui préférer une LGO (Licence Globale Optionnelle) sur la réalité des échanges d’œuvres de création numériques.
Les Chiffres : Le Marché de Gros de la Musique enregistrée

