I Have A Dream...

vendredi 4 décembre 2009
par minijack
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À quatre jours du Sommet de Copenhague qui doit réunir 192 pays autour de l’urgence écologique, j’ai écouté ce soir sur France3 l’émission « Ce Soir ou Jamais » de Frédéric Taddei, avec le ministre Jean-Louis Borloo (ministre de l’Écologie, de l’Énergie et du Développement durable) et Yves Coppens (paléoanthropologue) et quelques autres invités dont certains ergotaient sur la question. Le réchauffement du climat est-il naturel ou est-il artificiel ? Doit-on faire quelque chose pour limiter sa hausse à 2° maximum ou laisser filer le CO2 et faire plus écolo dans d’autres secteurs ?... La discussion était fort intéressante et je dois dire que la volonté de Borloo d’aboutir à un résultat concret à Copenhague m’a vraiment impressionné.

Du coup, allongé sur mon divan, ce soir, j’ai fait un rêve :

«  Je me voyais dans vingt ans (oui, j’ai bon espoir d’être encore là dans 20 ans ;c) rouler tranquillement rue des Carmes dans ma voiture à air comprimé, la garer facilement dans l’un des boxes fermés du grand parking réalisé sous la place de Gaulle, et en ressortir en le fermant à clé derrière moi, sans crainte de la voir cabosser par un imprudent comme sur un vulgaire parking ou me faire casser une vitre latérale pour piquer mon iPhone G5 dernier cri (auto-radio-gps-tv-téléphone de bord-ordi perso-carte bancaire et d’identité-passeport biométrique).

Je remontais ensuite par une large chaussée, bordée d’arcades cachant au regard des passants l’horrible façade du vieil immeuble de la Sécu dont les occupants fonctionnaires allaient bientôt déménager en banlieue, parce qu’enfin quelqu’un s’était dit que ça n’était pas rationnel d’occuper tout cet espace en plein centre-ville rien que pour des bureaux et des bagnoles, surtout depuis qu’on pouvait remplir toutes ses formalités à distance... (pour les mêmes raisons, l’immeuble presque neuf de la Région, construit dans le quartier Bourgogne vingt ans plus tôt, devait lui aussi se vider de ses occupants pour aller dans les bois du côté de la Source. On se demandait d’ailleurs pourquoi les décideurs n’y avaient pensé plus tôt).

J’allai faire une course au grand magasin, flambant neuf derrière sa façade médiévale reculée et superbement restaurée, avant de retrouver au pied de l’immeuble voisin l’un de mes fils et ma belle-fille, arrivés de Chécy par un Tram en site doublement propre.
Je voulais leur faire visiter ma dernière acquisition : un appartement au dernier étage de ces toutes nouvelles constructions à énergie positive, véritable petit nid d’amour alimenté en eau fraîche et tout le reste sans que ça coûte un sou de plus par mois et qui même —comble du luxe— rapportait les mois d’hiver par la revente d’énergie superflue.
Il avait été malheureusement impossible d’y construire les parkings en sous-sol comme on fait habituellement en dehors des boulevards, parce que dessous l’immeuble existaient encore les caves historiques de ces bons pères Carmes. Mais derrières les façades, l’immeuble avait été entièrement refait.

Mon dernier roman, pourtant vendu uniquement sur Internet, avait vraiment « cartonné ». Quelques centaines de milliers d’internautes avaient ainsi pu l’acquérir à un prix juste, sans marges d’intermédiaires excessives, et j’avais pu m’offrir enfin, après une vie d’activités aussi diverses que vaines parce que trop vénales et stressantes, un sweet-home à la mesure de mon besoin de tranquillité. J’avais bien envisagé un appartement à La Rochelle, ville écologique s’il en est, mais hélas, inondée à notre époque deux fois par jour par la marée sans compter les tempêtes tropicales. Non, en fin de compte, Orléans, c’était vraiment le bon choix.

Une douce ambiance régnait à l’intérieur malgré la chaleur écrasante du dehors.
Aucune pollution visuelle malgré les panneaux solaires garnissant les toits et les balcons verdoyants de la façade sur cour.
Il faut dire que l’immeuble avait été construit par une entreprise régionale, spécialisée dans la construction verte et financée par la toute nouvelle Bourse Locale, dans laquelle les épargnants orléanais avaient préférentiellement investi leur épargne dans des entreprises de proximité plutôt que dans des promesses mirobolantes de grands groupes financiers lointains qui, chaque jour sur le Net à longueur de spams, leur faisaient miroiter des profits à court terme plus fantastiques qu’avant la grande Crise de 2007, encore dans toutes les mémoires.

Aucun bruit non plus malgré la troisième voie sous les fenêtres, juste en bas, où circulaient nombre de petits taxis électriques de dernière génération, conduisant pour le prix d’un ticket de bus les enfants à l’école, ou les personnes âgées chez leur médecin spécialiste, leur avocat ou leur coiffeur, ou reconduisant avec tous leurs paquets et emplettes les visiteurs extérieurs jusqu’au parking de délestage Jean Jaurès construit sous les anciens boulevards.

Depuis quelques années en effet, à l’initiative d’une association de quartier, tout le centre-ville et jusque dans un rayon d’un kilomètre à l’extérieur des boulevards disposait ainsi d’un service associatif de taxis quasiment gratuits ou presque, mais offrant tous les avantages de véhicules particuliers sans avoir les inconvénients de chercher un stationnement pour une heure ou plus. Les commerçants eux-mêmes avaient trouvé avantage à ce système, car de nombreux coiffeurs, manucures ou autres masseurs ou encore épiceries fines, qui avaient vu leurs vieux clients disparaître au fil des années pour cause de difficulté d’accès, les voyaient revenir. Plus personne ne roulant aux énergies fossiles, non seulement le prix du km avait chuté, mais les moteurs électriques ou à air comprimé ayant vu leur autonomie s’accroître d’importance, un conducteur de ces petits taxis pouvait espérer l’amortir en moins d’un an sans que ça coûte à chaque passager plus que le prix d’un ticket de bus. Du coup, les commerçants encourageaient eux-mêmes ce système en distribuant des tickets ou en les remboursant. À ce prix là, sauf pour aller ou venir de plus loin à l’extérieur, plus personne ne prenait son propre véhicule pour se rendre en ville.

La pollution en avait été sérieusement améliorée, de même que la circulation de ces taxis et des véhicules privés des résidents, et le Tram lui-même profitait de cette nouvelle fluidité du trafic intra-mail.
Plus de pollution égale retour des abeilles. Du coup, les jardins de la ville offraient aux visiteurs leurs plus belles couleurs malgré des sécheresses de plus en plus fréquentes et longues.
Heureusement la forêt d’Orléans protégeait encore un micro-climat régional et, contrairement à d’autres régions, le Val de Loire en général n’avait pas trop à en souffrir. Il avait juste fallu apprendre à gérer le niveau du Canal, afin de maintenir une capacité de navigation suffisante aux nombreux touristes fluviaux qui venaient en Septembre.
Suite à l’interdiction des engrais et autres produits chimiques en amont de la Loire, on avait enfin vu une nette amélioration des eaux de l’île Charlemagne en été, et les baignades y étaient de nouveau autorisées. Certains s’y trempaient même toute l’année puisque l’eau y avait gagné en moyenne près de quatre degrés de température. L’ennui c’était surtout la variation imprévisible des débits et hauteurs du fleuve, car les pluies diluviennes qui tombaient maintenant sur le mont Gerbier des Joncs, trop violentes et trop rares à la fois, étaient difficiles à contenir... Du coup, l’année précédente, l’Aréna avait pris l’eau ainsi que de nombreux immeubles du quartier Saint-Marceau. On avait du nettoyer les rez-de-chaussées et consolider les digues jusqu’à Jargeau, en priant le ciel que la chose ne se renouvelle pas de suite.

Malgré ça, la vie était douce à Orléans.
Le nouveau Maire était une femme... Alternance et Parité obligent ! Cette ancienne Conseillère, d’opposition vingt ans plus tôt, n’avait conquis la mairie que de haute lutte et après avoir mis beaucoup de cette eau dans son vin, en reconnaissant qu’à l’époque de son opposition systématique la municipalité en place avait prévu beaucoup de choses et fort bien géré l’avenir...
 »

Et puis, d’un coup, je me suis réveillé. Nous n’étions qu’en Décembre 2009. Le Sommet de Copenhague était encore dans quatre jours... Tout ça n’est encore qu’un rêve !... Espérons qu’il sera prémonitoire...



Commentaires

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dimanche 6 décembre 2009 à 21h54, par  Jean du MoDem

" Je me voyais dans vingt ans (oui, j’ai bon espoir d’être encore là dans 20 ans".

Non, vous savez que votre date de péremption (c’est votre terme à la place de condamné au bûcher) est 2022.

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