Charles Péguy, symbole de la littérature orléanaise

samedi 17 novembre 2007
par  Michel PONTOIS
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Oui sans aucun doute Charles PEGUY, né à Orléans le 7 janvier 1873, fut pour beaucoup, en son temps, un enfant d’Orléans adopté par la France toute entière, à une époque où notre Pays vaincu en 1870, cherchait à oublier ou au contraire à reprendre le « combat ».

Charles Péguy est donc né en 1873, dans une petite maison du faubourg Bourgogne, aujourd’hui disparue pour avoir laissé place au percement de la rue Charles Péguy qui relie le quai du Roi au faubourg Bourgogne.
Cette rue fut prolongée pour rejoindre l’église saint Marc par la rue Henri Lavedan.

Le père de Péguy, Désiré, était menuisier. Ce dernier mourut des suites d’un cancer de l’estomac, quelques mois après la naissance de son fils. Charles fut donc élevé par sa mère, Cécile Quéré, rempailleuse de chaises, aidée de sa grand-mère.
Scolarisé à l’Ecole Normale d’Instituteurs, située à deux pas de chez lui, il est reçu au certificat d‘étude en 1884 et, sous l’instigation de Théodore Naudin, il entre au lycée Pothier d’Orléans. Il est boursier et, élève brillant, il est reçu à l’Ecole normale supérieure en 1894.(Sixième sur vingt-quatre.)
Issu d’une famille des plus modestes, Charles Péguy était depuis longtemps pénétré par un sentiment de « révolte » contre la culture bourgeoise... Cet état d’esprit explique son adhésion, en 1895 au parti socialiste. Il est, par ailleurs, athée et anticlérical.
Cet athéisme ne l’empêche pas, paradoxalement —Orléans oblige— d’avoir un culte particulier pour Jeanne d’Arc, dont il publie en 1897 une trilogie : Domrémy, les Batailles et Rouen, sous le titre « Jeanne d’Arc ».

Il effectue son service militaire au 131ème régiment d’Infanterie, caserné faubourg Bannier et obtient les galons de « chef de section ».
C’est également en 1897 qu’il se marie. Avec l’argent de sa femme, il fonde en 1898 une librairie que fréquente Jaurès ainsi que de nombreux socialistes « dreyfusards ».
Cependant l’affaire Dreyfus va très vite diviser les sommités socialistes : Jules Guesde, d’abord, pour lequel Dreyfus est un « bourgeois » ; et Jaurès ensuite, qui, dans le souci louable de maintenir l’unité du jeune parti socialiste, lui emboîte le pas.
Charles Péguy en plein désaccord avec cette prise de position, se détache des socialistes, et le 5 janvier 1900, il publie le premier numéro des Cahiers de la Quinzaine.
Cette publication va occuper Péguy jusqu’à sa mort en 1914. Dans chaque numéro on trouvera des essais, des romans, des poèmes, etc… et des analyses personnelles de la situation politique nationale et internationale. Toutefois les abonnés fidèles à cette revue ne dépasseront jamais mille deux cents.

Entre autres, la déception de Péguy à l’encontre du parti socialiste réside dans le refus du congrès, tenu en décembre 1899, de le désigner comme délégué du groupe socialiste d’Orléans.
Pour Péguy, l’affaire de Tanger en 1905 qui finira, malgré les menaces allemandes, par placer le Maroc sous protectorat français, à la suite des pourparlers d’Algésiras entre la France, l’Angleterre, l’Espagne et l’Italie, va réveiller en lui les frustrations patriotiques de la défaite de 1870. «  La France, peuple de culture et de liberté, ne doit pas accepter l’impérialisme allemand. »

Sur le plan de la croyance religieuse, à partir de 1900, l’athée qu’il était évolue progressivement vers le Christianisme » . Mais attention, un christianisme philosophique sans pratique religieuse. Sa foi est intérieure. Son mariage reste civil et ses enfants ne seront pas baptisés. Son Christianisme donne un sens à son combat pour la Liberté et contre le mal universel. Il applaudit la loi de 1905 qui instaure la séparation de l’Église et de l’État.

Il serait ici fastidieux de dresser la longue liste de ses écrits. Au cours de sa vie d’écrivain, ses propos sont de moins en moins politiques. Il s’éloigne de plus en plus du socialisme qu’il taxe d’anticléricalisme, pour défendre les valeurs traditionnelles de l’homme. Toutefois, en contradiction avec lui-même, il condamne le pacifisme de Jaurès. En effet, Péguy prône pour la France une politique « revancharde » contre l’Allemagne, même si cette option doit conduire à la guerre. Cette guerre qu’il acceptait lui sera fatale, car dès le 5 septembre 1914, il sera tué près de Villeroy, en Seine et Marne.

« Heureux ceux qui sont morts pour la terre charnelle ;
mais pourvu que ce fut dans une juste guerre.
Heureux ceux qui sont mots dans les grandes batailles,
Couchés dessus le sol à la face de Dieu…
.................
Heureux les épis murs et les blés moissonnés… »

En conclusion de la biographie qu’il à consacré à Charles Péguy, Roger Secrétain le définit ainsi :
« Poète chrétien, prosateur inspiré, moraliste pamphlétaire, doctrinaire social, chroniqueur exaltant et métaphysicien de l’Histoire. »



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